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Caminante, son tus huella
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Antonio Machado
Campos de Castilla (1912)

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Argentina

Mardi 28 août 2007
Il n'était pas cubain, ni bolivien. Il se revendiquait lui-même de tous les pays d'Amérique Latine, pret à aider chaque peuple opprimé le désirant.(1)

Ernesto Guevara avait hérité son surnom de Che à cause de ses origines d'Argentine et de son habitude d'interpeler tout le monde avec ce mot.
La prononciation si particulière des porteños (habitants de Buenos Aires) et des habitants d'autres régions du pays, déroute à premier abord puis charme le visiteur plus ou moins à l'aise en espagnol. Le che vient remplacer de nombreuses lettres, sans régle à priori précise, transformant pour nous les mots, les lieux, les choses en d'autres mots, lieux et choses.

- Acher he jugado al chuby, acha en el vache de Cafachate
- ¡¿ Has jugado a que ?!
- ¡ Al chuby ! ¡ Sabes, el deporte, el chuby !
- No, lo siento, no conozco este deporte
- ¡ Claro que si ! Se juega con una pelota como esto - Juan fait le signe d'un ballon ovale
- ¡ Ah, el rugby !
- ¡ Si, el chuby ! (2)

Certains mots se devinent facilement en fonction du contexte, d'autres me laissent plus perplexes pendant un long moment, tel ce chuby.

- Voy a tocar guitacha en Chevicha.(3)
En Espagne, Sevilla donc...
Ingletecha (Ingletera, Angleterre), chio (rio-rivière), pocho (pollo-poulet), je ne peux m'empecher de sourire à chaque mot, que je note dans un coin de ma mémoire.


Coucher de soleil depuis le cimetière de Cachi


Deux autres spécificités marquantes de l'Argentine, à part le fait, dixit une porteña, que les femmes conduisent mal (mais est-ce vraiment une spécificité unique à ce pays?! Oui je sais, c'est moi qui parle ! ;-) ), sont le maté et la sieste.


Dès le passage de la frontière, fleurissent dans les bus, les rues, les cours des hospedajes, des calebasses à maté et leur inséparable thermos d'eau chaude. Un petit récipient de bois, de cuir, de métal ou calebasse naturelle, du yerba maté (herbe amère) presque jusqu'à ras-bord, du sucre parfois, de l'eau chaude par dessus et on aspire, plus ou moins facilement avec la pipette qui ne doit pas bouger dans la calebasse cette potion en petites quantités.
Amer, sucré, chaud, tiède, apprécié ou detesté, on le fait circuler entre les amis, autour de la table, du banc publique ou dans les rangées du bus.
Un lien social très fort, un moyen d'entamer la conversation entre voyageurs de tous pays, une boisson pour échanger différences culturelles et passions de la route.
Maté introuvable tel quel dans un bar ou un restaurant, c'est une boisson qui se prépare soi-même, et ne se déguste pas seul.


14h, 15h, les rues se vident, les magasins abaissent leurs grilles, les marchandes recouvrent leurs étals de tissus ou baches en plastique.
La ville s'endort, sommeil de l'aprés-midi, pour echapper aux morsures du soleil.
Jusqu'à 19h, les rues restent vides, le voyageur se désespère. Celui assoiffé qui n'a pas pris ses précautions cherche désespérement une bodega ouverte pour acheter sa bouteille d'eau salvatrice. Le voyageur tourne en rond, n'ayant rien à faire. Pas de musée à visiter, pas de marché pour se delecter les sens.
Puis de nouveau la ville se reveille, encore plus animée que le matin. Les gens sortent, les étals et marchands ambulants pullulent, les gamins rigolent.
20h, heure shopping, heure des déambulades, des vitrines qu'on contemple, des achats du supermarché.
22h, heure des restaurants, empanadas, locros, asados..., heure de pointe et d'effervescence.

Un contraste saisissant après le Chili où trouver un restaurant ouvert après 20h était un exploit.
Une nouvelle manière de gérer ses journées pour le voyageur.

Cachi, la nuit

(1) : "Me he sentido guatemalco en Guatemala, mexicano en Mexico, peruano en Perú, y naturalmente me siento argentino aquí y en todos los lados"
Je me suis senti guatémaltèque au Guatémala, mexicain au Mexique, péruvien au Pérou, et naturellement je me sens argentin, ici et partout.
Le Che a été naturalisé cubain en février 1959 par modification de la constitution, grace à ses années en tant que commandant dans les forces rebelles cubaines.

(2) : en espagnol académique : Ayer he jugado al rugby, aca en el valle de Cafayate
- Hier j'ai joué au chuby, ici dans la vallée de Cafayate
- Tu as joué à quoi?
- Au chuby! Tu sais, le sport, le chuby!
- Non, désolée, je ne connais pas ce sport
- Bien sur que si, ça se joue avec un ballon ovale
- Ah, le rugby
- Oui, le chuby

(3) : en espagnol académique :Voy a toca guitara en Sevilla
Je vais jouer de la guitare à Seville

Par Aurelie
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Vendredi 7 septembre 2007

En Afrique, on y transporte des chèvres, des moutons, des poulets vivants et emmaillotés dans des sacs de 50 ou 100 kg de riz ou de céréales.
En Inde, les voyageurs en excédent s'y retrouvent, luttant contre les arbres et le vent.

Dans beaucoup de pays du monde, le toit du bus ou du train est un lieu de plus pour marchandises en vrac et passagers en trop.

Mais placer ces marchandises sur le toit du dit bus peut se transformer en une opération laborieuse, quand la marchandise en question est par exemple un lave-linge. Mais c'est sans compter sur l'ingéniosité et la solidarité des argentins.

 

Petit roman photo, à vous d'inventer les légendes...

 

Par Aurelie
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Mardi 11 septembre 2007

Apres les plaines ennuyantes de Salta à Jujuy, rien qui ne détourne le regard de la somnolence ou du mauvais film du bus, le paysage change de maniere surprenante à partir du village de Volcan, porte d'entrée de la Quebrada de Humahuaca, patrimoine mondial de l'UNESCO.

Dans l'aridité de la terre caillouteuse où ne poussent que les cactus, dans un paysage de savane africaine, herbes jaunies, batisses en adobe, poussent ça et la d'impressionantes montagnes.

Impressionantes non pas par la taille mais par les palettes de couleurs déployées sur les flancs. Rouge vif, jaune clair, blanc, vert...

Un ravissement pour le regard qui guette à chaque détour, derriere chaque tas de pierre, la prochaine oeuvre de la Terre, minéraux et eau, matiere et temps.

 

"L'arc en ciel est tombé a Purmarmaca"



Des dégradés magiques, une pincée de toutes les couleurs de l'arc en ciel, sauf le bleu. Des aiguilles de couleurs plantées dans la terre.

Silence, solitude, loin des foules du village, loin des stands de la place.

Paysages de western, paysages de Mars, paysages d'ailleurs, pour raviver encore et toujours tous les sens.



Iruya, 53 km...

Au milieu des plaines jaunes-vertes éclairées par le soleil levant, une portion de route sinueuse, une portion de piste poussièreuse et le silence du matin pour seule compagne.

En attendant un bus sur le bord du chemin, ecouter le silence et rêver...



Je n'avais pas prévu de passer par l'Argentine.

Le hasard de la géographie et de la route.

Une improvisation plus qu'agréable.

Ce pays m'a dévoilé une partie de ses merveilles, m'a enchanté par ses lieux et ses habitants.


Un pays plein de promesses.

Un pays que je quitte momentanément, pour mieux y revenir et en profiter encore plus un autre jour...


Par Aurelie
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Caminando

Lundi 01 Octobre

Ayer :  Dernier passage de frontière terrestre le long du lac Titicaca et de nouveau au Pérou pour la dernière ligne droite du voyage.

Hoy :  Repos avec ma famille péruvienne, coiffeur et cireur de chaussures, déambulades dans Arequipa 

Mañana : Retrouver les sourires des niños del mañana

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