.

Caminante, son tus huella
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Antonio Machado
Campos de Castilla (1912)

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Lundi 23 avril 2007

Ils sont descendus des hauts plateaux andins de la sierra, fuyant les violences du Sendero Luminoso (années 1980 à 2000), la pauvreté et les conditions difficiles; espérant une vie plus aisée, plus confortable et pleine de travail.

Ils sont arrivés de là-haut, pour déboucher sur Lima surpeuplée de 9 millions d'habitants, coincée entre l'océan pacifique et les montagnes environantes.

Ils sont venus remplis d'espoirs et de rêves et se sont retrouvés refoulés derrière les portes de la ville, sur des terres arides, entourées de collines de cailloux et de poussière.

 

 

Dans cette cuvette grise de terre, les maisons poussent comme des champignons dans les vallées étroites, apportant de légères touches de couleur tout en rognant un peu d'espace sur la montagne. Les briques remplacent progressivement le bois, le carton ou la tôle mais les facades bleu ciel, vert turquoise ou orange vif masquent toujours des pièces exigues et peu confortables.

 

Ces terres si dénudées et si pauvres ne sont pas pour autant gratuites. Il y a dix ans, des audacieux ont acheté ces hectares sans avenir 10 000 soles et les revendent aujourd'hui 50 $ le mètre carré. Une affaire bien lucrative.

Les Pueblos Joven s'etendent tout autour de Lima et continuent à s'agrandir sous le flot des nouveaux arrivants. L'electricité et le téléphone sont acheminés à Vizcachera, ce qui permet de communiquer avec le monde entier via internet, mais pas l'eau courante. D'autres pueblos ne connaissent pas encore la fée electricité, les aliments sont conservés à renfort de glace et la lumière ne vient pas d'un interrupteur.

 

 

Chaque jour il faut tendre l'oreille et guetter les klaxons. Celui du camion citerne deversant à la demande  le précieux liquide dans les bidons bleus, sentinelles immobiles devant chaque maison. Celui du marchand de pain qui compense la boulangerie absente du village, et celui beaucoup plus bruyant du marchand de fruits et légumes, bien que tous les 10 m, une boutique propose carottes biscornues, papas (pommes de terre) variées, mais noir et autres légumes divers. En plus de ces gargottes fourre-tout, un marché qui porte mal son nom rassemble 5 maigres étals le long du mur du colegio.

 

 

Dans cet univers sans arbre ni verdure, si ce n'est un bananier, un cactus ou des fleurs couvertes de poussière dans les cours des maisons, 350 familles cohabitent dans un climat à premier abord agréable. On se salue, on se fait spontanément la bise. Mais les grilles fermées des magasins, la patte blanche à montrer pour entrer dans le cybercafé trahissent une violence latente et réelle. Pas celle des campesinos mais celle des bandes qui sévissent dans les parages, s'arretant en voiture devant une boutique pour dévaliser la maigre recette.

 

Des chemins sillonent les montagnes, arabesques sur décor minéral. Il n'y a pourtant pas de chèvres ou de moutons à transhumer, ni de paturages à brouter. Les gens tâtent toutes les combines pour gagner un peu d'argent afin de survivre. Les femmes cousent des tee-shirts ornées de petits miroirs à la mode des jeunes filles. Travail laborieux, néfaste pour les yeux et payé 2 soles, une misère !

D'autres fouillent les décharges et trient cartons, bois, fer, cuivre qu'ils revendent parfois à un bon prix. Un autre loue des tables et des chaises dans son camion rouge pour les nombreuses fêtes de naissance, baptème ou mariage des alentours. Les jeunes manquent de formations ou de diplômes poour monter des commerces aussi simples et essentiels que la coiffure ou les réparations de la maison.

 

 

Mais les gens espèrent, les gens y croient. Ils anticipent le futur, le jour meilleur où ils pourront agrandir et construire le deuxième étage de la maison, pour les enfants et leur famille. Le jour  où il ne faudra plus attendre le camion citerne, le jour où tout le monde aura du travail, le jour où tout sera plus facile.

Par Aurelie - Publié dans : Perú
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Dimanche 22 avril 2007

¿ Vienes a comunicar con Jésus ? Jésus te habla al corazón, NO a tú celular.

Iglesia Santo Domingo, Lima

 


 

Tu viens communiquer avec Jesus? Jesus parle à ton coeur, pas à ton telephone portable.

You came to comunicate with Jesus? Jesus speaks to your heart, not to your mobile phone.

 

Par Aurelie - Publié dans : Perú Insólito
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Vendredi 20 avril 2007
Lors du survol de Guayaquil (Equateur), je croyais être en Rhénanie ou en Mayenne champêtre. Verdure des champs, miroirs des marécages, et les fleuves imitant le Rhin dans ses courbes et méandres...

Le premier trajet à Lima réveilla des souvenirs d'Inde, avec les maisons basses le long des routes, les boutiques éclairées d'une unique ampoule, et le taxi qui manqua se faire écraser par un bus tournant brusquement sans prévenir. La suite du trajet, en collectivo, me transporta en Afrique, sur des chemins de sable, la poussiere décorant nos vêtements par les fenetres ouvertes.

J'écris d'une "banlieue" de Lima; nous avons franchit le portail délimitant la ville, et entre collines de rochers et poussières, des maisons, des familles, dans cet espace sans verdure et sans eau.
Un paysage surréaliste, une impression étrange, ma première image de Lima n'est pas celle de la Plaza de Armas ou des maisons coloniales de Miraflores, mais cet amoncellement de briques, tôles, plastiques, bois et cartons, dans la poussière et le klaxon du camion citerne.



When flying over Guayaquil (Ecuador), I felt I was in Rhenanie or in rural Mayenne. The green of the fields, the mirror of the wetland, and the rivers imitating the Rhin in the cruves and turns...

The first trip in Lima woke up memories of India, with the low houses along the roads, the small shops illiminated with a single bulb, and the taxi which nearly got crush by a bus turning brusquely without a warning. The next trip in a collectivo (small bus) carried me in Africa on sand tracks, with the dust decorating the clothes by the opened windows.

I'm writing from a "suburb" of Lima; we crossed the gate closing the city, and between hills of rocks and dust, houses, families, in the space without vegetation and water.
A surrealist landscape, a strange feeling, my first image of Lima is not the plaza de Armas or colonial houses of Miraflores, but this accumulation of bricks, sheet metal, plastics, woods and cardboxes, in the dust and the horn of the water tank truck.
Par Aurelie - Publié dans : Perú
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Mardi 10 avril 2007

English, please see below

Español: no estoy ahora muy confortable para escribir, pero en 1 mes…

Deutsch... euh... Entschuldigung, ich habe alles vergessen! ;-)

 

Le Grand Chemin

 

A l’approche du Qhapac Ñan,

Sans que celui-ci soit le but premier du voyage.

Un grand chemin dans ma vie,

A la recherche des autres et de moi-même.

 

Quelques mois au Pérou,

Avec un peu d’ailleurs.

Quelques mois sur les routes,

Est ou Ouest, je ne sais pas, je ne sais pas encore.

 

Quelques mois tel un chasqui,

De wasi en tambo,

De rencontres en surprises,

Sud ou Nord, je ne sais pas, je ne sais pas encore.

 

Ne me demandez pas pourquoi j’y vais,

Ne me demandez pas ce que j’y cherche,

C’est juste une envie,

Parce que maintenant et pas plus tard.

 

Qhapac Ñan : chemin de l’Empire Inca. Long de plus de 5 000 km, de la frontière colombienne au Chili, en passant par l’Equateur, le Pérou et la Bolivie.

Chasqui : messager qui sillonne le chemin en courant

Wasi : maison de messager

Tambo : centre urbain rural

 

Paris-Lima-Paris; 19 avril - 11 octobre 2007

 

Une coupure pour réfléchir la tête dans les nuages.

Un voyage pour le plaisir des pupilles et  papilles;  tous les sens en éveil.

Un séjour pour retrouver le son mélodieux de l’espagnol.

Une expérience pour communiquer, apprendre, partager et s’enrichir.

 

Prendre le temps, rester plusieurs jours, semaines dans un endroit, respirer l'air et sentir la température d'un coin.

Peu importe de voir ou ne pas voir tel monument, faire ou ne pas faire tel chemin.

De toute façon, on ne fait pas un lieu, une ville, un pays.

C'est ce lieu, cette ville, ce pays qui nous fait et nous défait.*

 

* Référence à Nicolas Bouvier dans "L'Usage du monde" : "On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait"

 

Je ne sais pas encore réellement quelle forme prendra ce blog. Récits, témoignages, albums photos, laissons venir l’inspiration et planer le suspens.

Je ne sais même pas si je serais assidue à la tache, j’essayerai, je ferais mon possible, promis !

 


 

The Great Trail

 

Approaching the Qhapac Ñan,

Without it being the first goal of the trip.

A great trail in my life

In the search of others and myself.

 

Few months in ,

With a little of elsewhere.

Few months on the roads,

East or West, I don’t know, I don’t know yet.

 

Few months as a chasqui,

From wasi to tambo,

From encounters to surprises,

South or North, I don’t know, I don’t know yet.

 

Don’t ask my why I go there,

Don’t ask me what I’m looking for there,

It’s just a wish,

Because now and not later.

 

Qhapac Ñan : Inca Empire trail. Long of more than 5 000 km, from Columbian border to Chili, via , and .

Chasqui : messenger who runs accross the trail.

Wasi : messenger home

Tambo : rural urban centre

 

Paris-Lima-Paris; April 19th – October 11th

 

A break to think, the head in the clouds

A journey for the pleasure of pupils and taste buds; all the feeling conscious

A trip to find the melodious sound of Spanish

An experience to communicate, learn, share and enrich.

 

Take the time, stay several days, weeks in a place, breeze and feel the temperature of an area.

I don't care seeing or not seeing such monument, do or not do such trail.

Anyway, we don't do a place, a town, a country.

It's this place, this town, this country which makes and unmakes us.*

 

* Reference to Nicolas Bouvier in "L’Usage du monde": “One thinks that one is going to make a journey, yet soon it is the journey that makes or unmakes you."

 

I don’t know yet how this blog will look like. Stories, testimonies, photo albums, let wait for the inspiration and support the suspense.

I even don’t know if I’ll have assiduity for this task, I’ll try, I’ll do my best, promise !

 

I'm not sure I'll always have the time to translate my French posts in English (soon I will have to translate them from Spanish to French first! :-) ).

I'll try to put some pictures from time to time so you can still enjoy visiting this blog.

Par Aurelie - Publié dans : Le Grand Chemin
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Caminando

Lundi 01 Octobre

Ayer :  Dernier passage de frontière terrestre le long du lac Titicaca et de nouveau au Pérou pour la dernière ligne droite du voyage.

Hoy :  Repos avec ma famille péruvienne, coiffeur et cireur de chaussures, déambulades dans Arequipa 

Mañana : Retrouver les sourires des niños del mañana

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