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Caminante, son tus huella
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Antonio Machado
Campos de Castilla (1912)

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Jeudi 7 juin 2007

Pour les touristes qui abordent ce logo sur un tee-shirt estampilé Cusco ou Machu Picchu-Perú, c'est un souvenir exotique de plus de ce pays.

Pour les campesinos de la vallée de la Convencíon, cette phrase est à la base d'une revendication vitale pour plus de 4 000 familles entre Quillabamba et Cusco dans les montagnes de la Selva, et d'autres familles encore dans d'autres régions productrices du Pérou.

 

 

La hoja de coca(1), par opposition à la pâte de coca est pour tous ces gens, la base du maté du même nom efficace contre le soroche(2), une feuille machée pour lutter contre la faim, la soif et la fatigue et une herbe médicinale, déjà sacrée et honorée du temps des incas.

 

Pas une drogue, pas un stupéfiant comme le spécifie la convention de Vienne, signée par le gouvernement péruvien. Les Etats-Unis, en lutte ardente contre toutes les drogues, accule les gouvernements colombiens et péruviens à respecter ce traité et donc à érradiquer les cultures illégales. Mais dans ce jeu de pouvoirs, ou Alan Garcia contrairement à Fujimori ou Toledo avant lui, semble être à la botte de mister Bush, les paysans sont une nouvelle fois les victimes collatérales.

 

"¡ Necesitamos la coca !"(3).

Ces gens vivent uniquement de cette plante, "para comprar carne, vestidos, para la educacíon de los niños"(4). Pour eux, ils n'y a pas d'autres alternatives. Le café n'est pas cultivable partout, les terres sont trop basses et trop sèches. Le prix du café est dramatiquement bas et une seule récolte est possible par an, contre 3 ou 4 pour la coca. Le Pérou est pourtant le troisème producteur de café après le Brésil et la Colombie, mais les paysans en vivent difficilement (vous y penserez à ce paysan péruvien dans la Selva entre Santa Teresa et Santa Maria quand vous buverez votre café du matin !).

 

 

Ainsi, parce que leur vie déjà peu agréable en dépend, ces campesinos affrontent les hautes sphères du pouvoir, à leur façon, en bloquant depuis 3 jours déjà cette unique voie de circulation.

 

 

Parce que "la hoja de coca no es droga"(5) et qu'ils veulent continuer à la cultiver.

 

Note : j'ai été bloquée par le paro (grêve) à Santa Maria le 23 mai. Ensuite je me suis imergée dans la fête du Señor de Choquekillca à Ollantaytambo pendant 4 jours, loin des journaux et internet. Je ne sais donc pas l'issue de ce combat...

(1) : feuille de coca

(2) : mal des montagnes

(3): Nous avons besoin de la coca !

(4): Pour acheter de la viande, des vêtements, pour l'éducation des enfants

(5): la feuile de coca n'est pas une drogue

Par Aurelie - Publié dans : Perú
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Vendredi 25 mai 2007

A Pisac, il y a les marchés non officiels, et il y a le marché du dimanche, un peu différent et plus vivant, de nombreux touristes dans les coins sous les baches et quelques locaux sur les artères de la place, où vieilles dames en tenues de fête, chapeaux en forme d'abat-jour de la tante éloignée de la campagne, vendent platano, palta, papas, quinoa, maïs et tous les produits de première necéssité que l'on espère trouver sur un marché.

 

 

Des gamins sans abat-jour, mais avec un autre couvre-chef folklorique coloré et le costume accordé chassent le photographe qui chasse "l'authentique". L'un gagne un cliché qui va faire sa fierté lors de la soirée diaporama familiale, obligatoire et soporiphique. L'autre gagne de la plata, un sol par ci, un sol par la, un beau pactole à la fin de la journée, vu le nombre de chasseurs, multiplié par le nombre de fusils à l'oiseau qui va bientôt sortir, multiplié par le nombre d'autobus déchargeant les redoutables prédateurs sur le champ de bataille. Mais à la fin de la journée les cadavres ne sont que de plastique ou alimentaires. Les dommages collatéraux aux bourses des chasseurs blancs se chiffrent en dizaines ou centaines de soles, selon le trophée convoité et le talent mercantile du visiteur face à l'autochtone. La calculatrice est l'arme ultime, la conversion sol/dollar et la multiplication ou la division par environ 3.15/3.20 l'arme de destruction massive par excellence.

 

 

Le terrain de chasse déborde de la place principale, innondant les rues alentours. Toujours cette observation d'apparence innocente mais cependant intéressée de la proie du coin de l'oeil, pour éviter que le propriétaire ne commence sa réthorique plus ou moins convainquante des qualités de la dite proie et de l'aura immense qu'elle developpera dans le salon du chasseur.

 

Aux coins de ce vaste labyrinthe, cette forêt d'étals, tissus, bonnets, bijoux, sacs, objets scultpés; loin de la canopée de baches bleues et blanches, des vieilles dames exhibent des vieilles proies pourtant plus "authentiques". Des tissus et des ceintures de laine, fait main et prématurément usés par le soleil, le temps et les manipulations dans les balluchons, les ennemis d'un trophée etincellant mais parfois effectué à la machine.

 

 

Et encore plus haut, près des montagnes, l'ultime tribu, la plus étrange, installe bijoux maison sur un ultime présentoir ou à même le sol, esperant que les chasseurs auront le courage et la curiosité de grimper jusqu'à eux. Cette tribu, composée uniquement de jeunes gens, artistes en herbes, hors norme dans leurs vêtements et leurs idéaux, incorpore dans ses rangs des anciennes chasseuses blanches conquises par un homme, par le pays ou par le désir de dépouiller les autres chasseurs de quelques piecettes pour manger ce soir, pour manger demain. Ces converties developpent un style hybride, le balluchon multicolore à l'épaule et pas dans le dos, les chaussures en pneu de moins en moins utilisées par les autochtones, la coiffure plus ou moins sauvage, et des vêtements de chasseur marginaux blancs.

 

 

Chacun repart content de la chasse. Tous ont perdu quelque chose, de l'argent ou des produits. Mais tous ont gagné quelque chose. Des trophées photographiques ou matériels, ou de l'argent.

 

 

Par Aurelie - Publié dans : Perú
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Samedi 19 mai 2007

Bilan comptable de déjà 30 jours de vadrouille

 

- Lieux où j'ai posé le pied : beaucoup

Lima, Vizcachera, Chosica, San Pedro de Casta, Huancayo, Huancavelica, Lircay, Ayacucho, Huanta, Luricocha, Andahuaylas, Cusco, Tambo Machay, Puka Pukara, Q'enko, Sacsaywaman, Pisac, Ollantaytambo, Maras, Machu Picchu...

Et c'est pas fini...

 

- Moyens de transports empruntés : beaucoup aussi

Bus sans toilettes pendant 10 heures, bus avec toilettes et jeu de bingo, bus tout court, train de locaux, train de touristes, colectivo assise, colectivo accroupie, coffre de voiture, demi-siège de voiture, voiture, pieds...

Et c'est pas fini...

 

- Rencontres avec des péruviens et des péruviennes sympas : beaucoup toujours

Discussions sur les couples, les amants latins, le travail, un rêve de vie en Europe, les prochaines fêtes...

Et c'est pas fini...

 

- Jours de déprime : 0

On croise les doigts.

 

- Jours où je veux rentrer à la maison : 0

Ca va être dur le 12 octobre !

 

- Jours un peu malade : 1

Pas mal vu ce que je mange et où je mange !

 

- Coups de soleil : 1

Le 2eme jour à Lima, j'étais encore dans l'hiver francais...

 

- Caldo de cabeza dégusté : 0

Et ca restera 0 ! Mais le caldo solo, c'est très bon....

 

- Ceviche gouté : 0

Honte à moi, j'ai encore 5 mois pour rattraper cela.

 

- Cuy assassiné pour moi : 0

Pour le moment...Et pourtant c'est une spécialité à ne pas manquer. Mais vu comme c'est tellement mignon vivant et tellement étrange mort...

 

- Empanadas chaudes sorties du four : tout plein

Et ca va continuer...

 

- Chicha de maïs artisanale bues : 1

Dans un champs de maïs, pendant que les hommes chargaient les ânes.

 

- Chicha morada : 1 aussi

Et c'est meilleur que la chicha de maïs qui ressemble à une cerveza légère

 

- Alcool super fort à je ne sais pas quoi (coca?) : 1

Et ils voulaient me rendre Huasca !

 

- Argent/papier volés : 0

Et ca va continuer comme ca of course !

 

- Invitations à vivre ensemble : déjà une

Au bout de 5 minutes de conversation, pas mal hein ?!

 

- Je pourrais continuer longtemps dans les mathématiques, mais j'ai un sac à boucler et du sommeil à accumuler avant de partir crapahuter mañana dans les montagnes autour du Salkantay. Y'a un passo à 4600m qui m'attend...

Hasta Luego....

 

Par Aurelie - Publié dans : Le Grand Chemin
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Samedi 12 mai 2007

- "Duermen una semana, trabajan un dia"

Mercado Central, Cusco

"Ils dorment une semaine, ils travaillent un jour".

Un professeur d'université converti en paysan à propos des campesinos péruviens.

"They sleep one week, they work one day".

An university teacher converted into farmer about the peruvian campesinos.

 

- "Quelle civilisation avez-vous eu en France?"

Un ouvrier du site de Sacksaywaman. Asterix et Obelix ça compte?! ;-)

"Which civilisation did you had in France?" A worker of Saksaywaman site.

 

- "Where are you from?"

"Francia"

"Capital Paris, president Chirac."

Une jeune vendeuse de souvenirs/A young souvenir seller, Plaza de Armas, Cusco.

Euhh, plus maintenant, va falloir changer le disque.

Weeell, no more, you'll have to change the disk.

 

- "No son como nosotros."

"¡ Si son como nosotros !"

"Se tiene razón, duermen como nosotros, comen como nosotros."

 

"Ils ne sont pas comme nous."

"Si ils sont comme nous !"

"Vous avez raison, ils dorment comme nous, ils mangent comme nous."

Une vieille dame après m'avoir vu discuter en langue des signes avec une jeune péruvienne. Plaza de Armas, Cusco.

PS: le signe en langue des signes péruvienne pour la France est la Tour Eiffel, original non?!

 

"They are not like us."

"Yes they are like us !"

"You're right, they sleep like us, they eat like us."

An old lady after seing me chating in signs language with a young peruvian.

PS: the peruvian sign language sign for France is the Eiffel Tower, really original !

 

- "¡ Me gustaria vivir con usted !"

Jeune guide/ young guide. Puka Pukara

"J'aimerais vivre avec vous!" Après deux séjours en Tunisie je suis rodée...

"I would like to live with you!" After two stays in Tunisia, I'm an expert with this...

 

- "¡ Bonita, muy bonita !"

Un garçon de même pas 10 ans/ A boy of not even 10 years. Pisac

Celle la à cet age, on ne me l'avait pas faite en Tunisie !

At this age, I didn't got it in Tunisia !

Par Aurelie - Publié dans : Perú
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Vendredi 11 mai 2007

Tous les tres de mayo depuis plus de 3 siècles, les croix du Christ sortent de leur chapelle, descellées de leur piedestal, garnies de fleurs, branches, tissus et brocards, puis au son des flutes de pan des groupes de chasseurs descendent les montagnes et les rues des villages pour assister à une messe de bénédiction dans l'église San Antonio de Padua de Luricocha.

 

De tous les villages alentours, des églises et des chapelles, des paroisses et des maisons, modestes, moyennes ou immenses comme celle du Señor de Pachapunya, les croix débarquent en musique et danses, escortées d'étendards, photos et peintures du Christ, embrassées par les femmes en liesse.

Plus d'une cinquantaine de croix se retrouvent dans la nef de l'église, assistant à la célébration en castillan et en quechua en compagnie des fidèles, pendant que sur le parvis, les différents groupes de chasseurs et les deux orchestres se relayent à l'accompagnement sonore.

Vétus d'une tunique marron de coton tenue par une ceinture en ficelle, une sacoche et des flèches à l'épaule, un bidon d'eau à la taille, les joueurs tournent en cercle dans un sens puis dans l'autre. L'occasion d'admirer de plus près leur coiffe complexe, morceau de tissu identique à la tunique sur lequel sont attachés coquillages, perles, plumes, cuillères en plastique (!) mais aussi cadavres de perroquet, toucan ou rongeur, vestiges des chasses de la Sierra et de la Selva.

 

Dès la fin de la messe, les croix sont portées à dos d'homme jusqu'au village d'origine, après un ultime tour sur la place et une dernière bénédiction sous les sons des flutes, des tambours et de la foule. Chacune suit sa route, s'éparpillant dans les rues du village, rencontrant une autre croix à un carrefour, source de pause danses, cerveza et chicha (jus fermenté, franchement pas très bon). Les gens baisent la croix, récupèrent des branches, laissent une obole dans la caisse posée à l'intention.

 

La cruz Señor Misionero del Pago de Pariza retrouve sa place dans la chapelle en haut du village. Le moment d'aller chez les Mayordomos se rassassier de sopa, arroz, légumes et pasta offerts par les familles. Un alcool de coca (enfin si j'ai bien compris, car c'est tellement fort que sans goût) est ensuite distribué pour faciliter la digestion.

Les mamies me prennent par le bras et nous retournons à la chapelle mi-marchant mi-dansant. La fanfare continue ses accords, les rondes s'agrandissent des vieux ivrognes et des dames venues spécialement de Lima. Sous la lumiere des reverbères, un petit vieux à l'haleine empestant l'alcool me raconte des histoires dans une langue que je ne peux deviner. Si jamais mon attention se relache, il me touche le bras et continue son monologue. Puis il se met à chanter et siffler des airs que j'imagine d'un autre temps, des histoires de paysans et de montagnes. Je me contente de me laisser bercer avant de rejoindre une autre danse.

Au moment des adieux, tous sont mes amis, tous veulent m'inviter chez eux, les bises et les embrassades sont nombreuses et chaleureuses.

 

Les photos sont dans l'album à gauche du blog. Sélection rapide et pas forcément optimale. La mise en page de l'album est aussi à revoir, mais j'ai d'autres choses à faire que de jouer avec le code (surtout pas de codage pendant les vacances !) dans les cyber cafés ! ;-)

 

Par Aurelie - Publié dans : Perú
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Caminando

Lundi 01 Octobre

Ayer :  Dernier passage de frontière terrestre le long du lac Titicaca et de nouveau au Pérou pour la dernière ligne droite du voyage.

Hoy :  Repos avec ma famille péruvienne, coiffeur et cireur de chaussures, déambulades dans Arequipa 

Mañana : Retrouver les sourires des niños del mañana

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