Pour les touristes qui abordent ce logo sur un tee-shirt estampilé Cusco ou Machu Picchu-Perú, c'est un souvenir exotique de plus de ce pays.
Pour les campesinos de la vallée de la Convencíon, cette phrase est à la base d'une revendication vitale pour plus de 4 000 familles entre Quillabamba et Cusco dans les montagnes de la Selva, et d'autres familles encore dans d'autres régions productrices du Pérou.
La hoja de coca(1), par opposition à la pâte de coca est pour tous ces gens, la base du maté du même nom efficace contre le soroche(2), une feuille machée pour lutter contre la faim, la soif et la fatigue et une herbe médicinale, déjà sacrée et honorée du temps des incas.
Pas une drogue, pas un stupéfiant comme le spécifie la convention de Vienne, signée par le gouvernement péruvien. Les Etats-Unis, en lutte ardente contre toutes les drogues, accule les gouvernements colombiens et péruviens à respecter ce traité et donc à érradiquer les cultures illégales. Mais dans ce jeu de pouvoirs, ou Alan Garcia contrairement à Fujimori ou Toledo avant lui, semble être à la botte de mister Bush, les paysans sont une nouvelle fois les victimes collatérales.
"¡ Necesitamos la coca !"(3).
Ces gens vivent uniquement de cette plante, "para comprar carne, vestidos, para la educacíon de los niños"(4). Pour eux, ils n'y a pas d'autres alternatives. Le café n'est pas cultivable partout, les terres sont trop basses et trop sèches. Le prix du café est dramatiquement bas et une seule récolte est possible par an, contre 3 ou 4 pour la coca. Le Pérou est pourtant le troisème producteur de café après le Brésil et la Colombie, mais les paysans en vivent difficilement (vous y penserez à ce paysan péruvien dans la Selva entre Santa Teresa et Santa Maria quand vous buverez votre café du matin !).
Ainsi, parce que leur vie déjà peu agréable en dépend, ces campesinos affrontent les hautes sphères du pouvoir, à leur façon, en bloquant depuis 3 jours déjà cette unique voie de circulation.
Parce que "la hoja de coca no es droga"(5) et qu'ils veulent continuer à la cultiver.
Note : j'ai été bloquée par le paro (grêve) à Santa Maria le 23 mai. Ensuite je me suis imergée dans la fête du Señor de Choquekillca à Ollantaytambo pendant 4 jours, loin des journaux et internet. Je ne sais donc pas l'issue de ce combat...
(1) : feuille de coca
(2) : mal des montagnes
(3): Nous avons besoin de la coca !
(4): Pour acheter de la viande, des vêtements, pour l'éducation des enfants
(5): la feuile de coca n'est pas une drogue
Vos 'tits mots